"L'Afrique du Sud, où
46% de la population active est sans emploi,
pense que cette Coupe du monde donnera du
travail à 300.000 personnes", ce qui fait
autant de travailleurs dont il faut défendre
les droits, fait valoir Mme Maksimovic.
L'action de la CSI
en vue du Mondial-2010, première Coupe du
monde à se dérouler en Afrique, le continent
le plus pauvre de la planète, s'inscrit dans
une campagne plus vaste intitulée "Un
travail décent pour une vie décente", lancée
dimanche par l'organisation syndicale.
Même si l'Afrique
du Sud est mieux lotie, notamment en termes
de législation du travail, que la plupart
des pays africains, Assane Diop, membre de
l'Organisation internationale du travail,
insiste pour que les salariés employés en
vue du Mondial-2010 "aient accès à une
sécurité sociale et puissent cotiser pour
leur retraite".
Il est aussi
indispensable qu'il y ait des inspecteurs du
travail et des indemnisations prévues en cas
d'accident, selon lui. "Si un salarié est
victime d'un accident et s'il n'est pas
indemnisé, c'est toute sa famille qui
bascule un peu plus dans la pauvreté",
prévient-il.
Avec l'appui
d'organisations non gouvernementales comme
Solidar, Social Alert et le Forum
progressiste mondial, la CSI veut convaincre
le chef de l'Etat sud-africain Thabo Mbeki
et le président de la Fédération
internationale de football (Fifa) Joseph
Blatter d'imposer aux entreprises de
construction des clauses sociales dans les
contrats des travailleurs qui seront
employés sur les stades.
Cinq stades doivent
être construits, et autant rénovés, pour un
montant, selon la CSI, de 4,1 milliards de
dollars (3,2 milliards d'euros).
La campagne va
également concerner les travailleurs
employés à la réfection des routes, des
moyens de transports, ainsi qu'à la vente
des produits dérivés de la Coupe du monde,
qui devrait rapporter, selon Mme Maksimovic,
"75 millions de dollars (58 millions
d'euros) à l'Afrique du Sud".
La CSI espère aussi
"mobiliser", via les médias, "les supporters
dans le monde entier pour faire pression sur
la Fifa, le gouvernement sud-africain et les
entreprises engagées dans la rénovation ou
la construction des dix stades du
Mondial-2010", explique à l'AFP le
secrétaire général de la CSI, Guy Ryder.
Si jamais ces
actions de simple lobbying ne suffisaient
pas, "nous avons d'autres moyens de
pression, que nous utiliserons", affirme
Mathieu Debroux, attaché de presse de la CSI,
évoquant notamment la possibilité d'une
pétition.
Les précédents pour tenter d'améliorer les
conditions de travail pendant un grand
événement sportif n'ont cependant pas été
très concluants. Comme le rappelle Mme
Maskimovic, les fédérations syndicales
internationales avaient déjà tenté de faire
pression sur le Comité international
olympique (CIO) pour les jeux de 2004 à
Athènes, mais "le CIO n'avait pas joué le
jeu".