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DOSSIER COMPLET SUR LES ACCORDS DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE (APE)

L'Afrique invitée à refuser une "recolonisation" à travers les APE
Ape (suite) : L’Omc est un piège à pauvres

Débat sobre los APE: Las mentiras de la Unión Europea

Accords de partenariat économique : Une question de développement ou d'exploitation ?

Coalition nationale "Non aux ape": Le Front « Siggil » Sénégal partant mais fusille Wade

La fin d’une époque

Intervention du Président Abdoulaye Wade sur l'APE

 Accord de partenariat économique. Un nouveau chapitre dans les relations UE-Pays ACP

Une relation d'égal à égal

 
   
 
   
 

Accord de partenariat économique : la Cemac fait le point

 
   
 
     
  (Cameroon-Tribune 26/03/2008)

Les ministres en charge du dossier dans les différents pays se sont réunis, hier à Douala, pour harmoniser les positions.

Les ministres de la zone Cemac en charge des négociations Ape et les ministres ordonnateurs du Fed se sont réunis hier à Douala. Présidée par le ministre camerounais de l’Economie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, Louis-Paul Motaze, la réunion conjointe de concertation a également connu la participation du président de la Commission de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale, Antoine Ntsimi, qui s’est solennellement exprimé au cours de la cérémonie d’ouverture. Les objectifs de la rencontre étaient clairement indiqués : harmoniser les positions de tous les Etats de la Cemac dans la perspective de la signature d’un accord de partenariat économique complet et harmoniser les priorités pour le 10è Fonds européen de Développement (Fed).

Démarrées en octobre 2003, les négociations en vue de la signature des Ape entre l’Union européenne et les Etats Acp, dont ceux de la Cemac, avaient vu la Cemac établir une feuille de route. Sur ce document, les six Etats réaffirmaient leur attachement à l’intégration régionale et à l’amélioration des capacités de production et d’exportation. Les négociations devaient être achevées en 2007 et l’accord, lui, devait entrer en vigueur en janvier 2008. Il n’a pas été signé. Si l’Ue voulait une libéralisation plus poussée du commerce, l’Afrique centrale, elle, insistait sur une transition qui renforcerait ses capacités économiques. Selon Antoine Ntsimi, c’est davantage le temps qui aura manqué parce que ces deux positions n’étaient pas antagonistes. Mais l’Ue, dans une approche bilatérale ciblée, a négocié et obtenu d’un bon nombre d’Etats Acp (Afrique Caraïbes Pacifique) qu’ils paraphent un accord à travers lequel ils s’engagent à libéraliser 80% de leur commerce en 15 ans. Le Cameroun figure sur la liste qui a donc conclu un accord d’étape

Evidemment, cette démarche bilatérale a posé problème dans la sous région, dans la mesure où elle a quand même mis à mal la solidarité et l’intégration régionales. Des grincements de dents se sont même fait entendre en Cemac. Mais, dans une perspective positive, les Etats de la Cemac entendent faire le point sur les avancées réelles et sur les mesures d’accompagnement de l’Ape. Ce sont notamment la mise en place du Forape, le partenariat Ue/Afrique pour les infrastructures, l’aide au commerce, la contribution d’autres partenaires au développement ou la mise en œuvre des engagements pris dans le cadre des négociations Ape. Le commerce des marchandises et des services préoccupe également. En dehors des délégations officielles du Congo, du Gabon, du Tchad, de la Rca, de la Guinée équatoriale, du Cameroun, forte de la présence de deux ministres dont celui du Commerce Luc Magloire Mbarga Atangana, la réunion était ouverte au secrétariat général de la Ceeac, au patronat sous régional et à la société civile. Au moment où nous mettions sous presse, les conclusions de la rencontre étaient encore attendues.

Stéphane TCHAKAM

© Copyright Cameroon-Tribune
 
     
 
   
 

Ape(11) : Valeur ajoutée et franchise extérieure

 
   
 
     
   Nos petites considérations sur les Ape ne pouvaient pas avoir été définitivement arrêtées, sans conclusions, alors que les négociations sont toujours en cours entre l’Ue et les Etats africains notamment. Il y a seulement que la série n’a pas pu échapper à une loi naturelle qui veut que quand la scène politique est trouble, l’économie s’abrite entre parenthèses.
Aujourd’hui, tout le monde est d’accord pour dire que la situation a été normalisée, ou que la paix est revenue (?) Alors, nous revoilà.

D’abord pour rappeler la constance de nos positions. A savoir que :
1).- Nous sommes contre le principe du libre-échange entre des partenaires à conditions commerciales inégales.
2).- Nous sommes pour le régime de franchises réciproques négociées sur la base des intérêts bien compris de chaque partie.
3).- Nous sommes contre tout accord qui a pour effet de maintenir entre le Nord et le Sud, cette division du travail qui fait du Sud le réservoir de matières premières et le déversoir de produits manufacturés et/ou de déchets industriels toxiques. Division du travail qui maintient les paysans africains par exemple, en servitude, en  faisant un prolétariat agricole.

En revanche, notre souhait serait que des Ape (ou un Ape) aboutissent, à titre indicatif, à un encadrement de “ joint-venture ” entre entreprises du Nord et entreprises du Sud, afin de permettre la création d’industries locales dans le Sud. De cette manière au lieu que nos pays continuent uniquement d’exporter leurs matières premières à l’état brut, ils les transformeraient sur place, en totalité ou en partie, et en tireraient à l’exportation, une valeur ajoutée les mettant à l’abri de la volatilité des prix spéculatifs sur le marché international.

Certes, l’histoire économique nous informe que des pays comme le Canada ou l’Australie se sont développés en vendant leurs matières premières sans transformation. Encore fallait-il qu’ils aient une politique commerciale maîtrisée en débouchés ciblés et en objectifs. Les pays africains pourraient-ils réussir le même exploit ? Rien n’est moins sûr. D’abord parce que le contexte du commerce international n’est plus le même. Ensuite parce que la maîtrise de l’exploitation et de l’exportation des matières premières africaines n’est pas endogène. Enfin parce que les Africains ne fixent pas les prix de leur production, ceux-ci leur étant imposés par l’acheteur, sans considération pour les coûts de productions.

L’aide se trompe de destinataire

Il y a pourtant, et de plus en plus, des tentatives européennes ou américaines de persuader les Africains qu’ils pourraient réussir la même chose que le Canada et l’Australie, si les marchés européen et américain étaient ouverts aux produits africains. Des mécanismes ou des fonds sont mis à la disposition des pays africains pour encourager leurs exportations. Mais en même temps, Européens et Américains investissent dans l’extraction minière ou l’exploitation forestière en Afrique, davantage que dans l’agriculture ou l’industrie de transformation. On peut en conclure que c’est à leurs propres entreprises qu’ils offrent des facilités pour ramener le butin de chasse au bercail. L’aide se trompe sciemment de destinataire.
Les investissements étrangers dans l’extraction minière qui n’incluent pas la transformation locale ne profitent pas au développement de nos pays, pas même quand les cours mondiaux atteignent les sommets comme le pétrole ou le coton actuellement, si les Etats d’accueil ne négocient pas avantageusement le partage de la production, ou n’imposent pas considérablement l’exportation de la production. C’est probablement ce que le Niger a compris avec son uranium ; ce que la Zambie vient d’introduire dans son régime fiscal, en passant de 15 % à 47 % l’impôt sur l’extraction des mines. C’est ce que le Cameroun n’a pas encore compris, ou n’a jamais pensé à faire avec son pétrole et son bois, o d’autres minerais qui sont pour ainsi dire pillés, sans contre partie conséquente ni en taxes, ni en emplois salariés.

Particularité de la Côte d’Ivoire

Malgré tout, de nombreux pays africains, certains par faiblesse d’analyse, d’autres sur pressions ou chantage, et quelques-uns par utopie, se sont engouffrés dans les Ape intérimaires ou définitifs pour 8 à 13 ans. Parmi eux le Ghana et la Côte d’Ivoire dont le cas mérite une attention particulière, en raison de leur position de base sur le marché international de matières premières.

En l’occurrence, la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial de cacao et probablement le second producteur de café, en même temps qu’elle est dans les cinq premiers d’autres productions agricoles telles que l’ananas. C’est donc un pays qui a quelque chose à vendre et qui devrait tirer plus d’avantages que d’inconvénients, mais moins cependant du libre-échange que d’un régime de franchises réciproques.

La Côte d’Ivoire a paraphé les accords intérimaires en décembre dernier, et s’apprête à les signer en juin 2008. Plutôt que de vouloir dire si elle a raison ou tort, on pourrait plutôt poser quelques questions.
1) Les économies sur la franchise des droits d’entrée accordée aux exportations ivoiriennes en 2008, par exemple, pourraient compenser les 823 milliards Cfa de recettes douanières auxquelles le pays devrait renoncer ?
2) Si la C.I. ne maîtrisait pas de manière endogène le marketing et la logistique de commercialisation de sa production sur le marché de Londres ou de New-York, je veux dire : si cette production était achetée FOB à Abidjan, pour être vendue sur ces marchés par des négociants étrangers, quel profit le gouvernement et les paysans ivoiriens tireraient-ils de la franchise ? C’est parce que la Côte d’Ivoire remplit cette condition essentielle que les Ape peuvent lui être conjoncturellement favorable.
3) La Côte d’Ivoire, premier producteur de cacao ne fixe pas le prix international du cacao. Et les coûts de production du cacao ne s’amortissent pas comme ceux du pétrole, à court terme et une fois pour toutes. Qu’arriverait-il si les chocolatiers ou d’autres acheteurs spéculateurs provoquaient un effondrement des cours ?

C’est à l’aune de la balance de paiements que l’on peut juger de l’équité ou de l’iniquité d’un accord de partenariat économique exclusivement basé sur le libre-échange commercial. Et cette balance sera toujours en faveur de celui qui exporte plus qu’il n’importe.

Celui qui exporte trop peu par rapport à ce qu’il importe, et a fortiori s’il importe tout sans rien exporter, s’expose à l’endettement et à la servitude. Si l’on est dans la situation de la Côte d’Ivoire, producteur majeur de 2 ou 3 matières essentielles vendables, on peut dire oui aux Ape et équilibrer sa balance de paiements, à condition de pouvoir influencer les cours mondiaux par sa compétitivité, à défaut de les fixer. Si on est dans celle du Cameroun, il faut dire non et se battre pour survivre debout.

Par Jean Baptiste SIPA
Le 20-03-2008
http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=133&code_art=22958&numero=1
 
 
   
 

Les Accords de partenariat économiques provoquent des divisions
au sein des pays d'Afrique centrale

 
   
 
     
 

(Les depeches de Brazzaville 23/02/2008)

Les pays de la Communauté économique des Etats de l'Afrique centrale (CEEAC) se sont engagés à finaliser un Accord de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne (UE) d'ici le mois de juin 2008. Un objectif que certains observateurs européens estiment trop ambitieux.

En effet, lors de récentes discussions à Douala (Cameroun), des représentants des gouvernements d'Afrique centrale et de la Commission européenne ont approuvé une feuille de route des futurs pourparlers dans l'objectif de parvenir à la conclusion d'un nouvel accord de libre échange au cours des quatre mois à venir.

A Bruxelles, plusieurs observateurs jugent ce plan trop ambitieux et certains émettent de sérieuses réserves quant à sa conclusion.

En 2007, il y a eu peu d'avancées au sujet des APE avec les pays d'Afrique centrale, l'un des quatre grands groupes avec lesquels l'UE négocie en Afrique autour des Accords de libre échange. Des quatre pays d'Afrique centrale impliqués dans ces pourparlers, seul le Cameroun a conclu un accord commercial intermédiaire avec l'UE en date du 31 décembre 2007 (la date butoir initiale qui avait été fixée par la Commission européenne pour la conclusion des APE), et celui-ci est limité au commerce de marchandises.

Pour le responsable du Centre européen de gestion des politiques de développement, San Bilal - un organisme indépendant basé aux Pays- Bas et qui promeut le dialogue entre les pays du groupe ACP et l'UE - Cette situation a provoqué des tensions entre le Cameroun et les autres pays de la région dont la République centrafricaine (RCA), le Tchad, le Congo, la République démocratique du Congo (RDC), la Guinée équatoriale, le Gabon et Sao Tomé et Principe. Le Cameroun étant accusé par ses voisins de compromettre la solidarité régionale.

Bien que la Commission européenne affirme que les APE seront bénéfiques sur le plan de l'intégration régionale des pays ACP, « l'empressement avec lequel l'UE veut conclure des accords individuels plutôt que régionaux semble aller directement dans le sens inverse », estime San Bilal.

Des accords commerciaux séparés avec des Etats ou des groupes de pays ont effectivement scindé les régions ACP et ont accru les tensions entre voisins. Seule la Commission européenne affirme le contraire.

Le commissaire européen en charge des relations avec le bloc ACP, Louis Michel, réfute ce point de vue. Pour lui, « ce serait faux d'affirmer qu'en signant des APE individuels avec des pays, l'UE détruit d'intégration régionale », considérant que l'engagement de l'UE et des pays ACP en faveur d'une intégration régionale et de la création de marchés régionaux, demeure intact.

En octobre 2007, la région d'Afrique centrale avait demandé à la Commission européenne de prolonger la date butoir fixée pour la conclusion des APE. A l'époque, l'UE avait rejeté la demande des ACP, mais elle aura finalement poursuivie les négociations dans l'espoir de parvenir à un accord qui inclurait à la fois le commerce des biens et des services avec l'ensemble de la sous-région d'Afrique centrale.

Noël Ndong
22/02/2008

© Copyright Les depeches de Brazzaville

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L'Afrique invitée à refuser une "recolonisation" à travers les APE

 
   
 
     
  (Intelink 18/01/2008)

Conakry - Le directeur de l'Institut des études diplomatiques de Tripoli et recteur de l'Université libyenne Gamal Abdel Nasser, Ibrahim Aboukhouzam, a invité vendredi à Conakry les pays africains à "refuser une recolonisation occidentale" en rejetant les Accords de partenariat économique (APE) avec l'Union européenne (UE).

"Les APE n'ont pas été négociés sur la base des relations qui unissent des partenaires égaux, mais sur celles entre maître et esclave", a-t-il déclaré au cours d'une conférence sur "L'avenir de l'Afrique dans le contexte de la Mondialisation".
Il a estimé que l'UE, qui garde une "vision colonialiste" à travers les APE, doit respecter les pays africains.
"Notre point fort est que c'est l'UE qui a besoin de ce partenariat pour continuer à piller nos richesses parce que l'Afrique a le choix entre d'autres partenaires comme l'Amérique et l'Asie", a affirmé M. Aboukhouzam.
"C'est vous dire que nous avons les meilleures cartes face à l'Union européenne qu'il va falloir manipuler de façon efficiente pour gagner le défi des APE", a-t-il poursuivi.
M. Aboukhouzam a également exprimé sa déception de voir que les pays africains commençaient à signer les APE, soulignant qu'en prenant une position commune face l'UE, l'Afrique était assuré d'obtenir gain de cause.

evelyne casalegno (PANA)
18/01/2008 5:23 pm

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Ape (suite) : L’Omc est un piège à pauvres

 
   
 
     
  (Le Messager 18/01/2008)

La pression que l’Union européenne met sur les gouvernements des pays Acp dans les négociations de l’Ape, est prétendûment justifiée par “ la conformité avec les règles de l’Omc ”. Pourtant ces règles ne précisent nulle part qu’elles concernent tous les échanges commerciaux, ni quel secteur d’activité doit couvrir une zone de libre-échange “ compatible ” avec elles. Autrement dit, lorsqu’on entend parler de “ 90% de l’ensemble des échanges commerciaux ”, il s’agit simplement d’un diktat de l’Union européenne.

Or, née en 1994 sur les cendres de l’Accord général sur les tarifs douaniers et le commerce (Gatt) – lequel n’était qu’un Traité entre parties contractantes relatif aux échanges de produits manufacturés – l’Organisation mondiale du commerce est d’abord un instrument de domination au service du Nord industriel. Elle a été créée en dehors du cadre des Nations unies avec pour objectif de détruire tous les obstacles au développement du commerce libre.

L’Omc n’a pas été créée par le Tiers-monde ; encore moins par les pays Acp. Elle n’a donc pas vocation à promouvoir le développement de ceux-ci, mais seulement à les encadrer dans un système commercial dont le libre-échange est un dogme immuable. Son rôle effectif est d’embrigader les pays sous-développés dans la pensée économique unique de l’ultralibéralisme mondial que pilotent les “ Etats-Unis, et qui enseigne que l’ultime règle de gouvernance du monde, c’est la loi du marché. Les Etats ne devant plus être que les protecteurs du capital contre le prolétariat. Selon les règles de l’Omc, tous les échanges commerciaux – 90% d’après l’interprétation de l’Ue – doivent être libres de toute restriction, parce que le commerce serait le seul moyen de développement.

A force de se l’entendre répéter, les dirigeants Acp semblent ne même plus se poser de question sur la nature de ce développement dont on nous parle de l’extérieur, et qui ne doit passer, ni par le libre choix de notre production agricole, ni par la capacité de transformer localement nos matières premières, ni par quelque transfert de technologies, ni par la maîtrise d’une monnaie nationale, ni même par un mode de vie original qui ne fasse pas des Africains une copie ratée de l’“ homo occidentalus ”.

Le libre-échange auquel on veut nous conduire, et que nous Camerounais, acceptons si docilement, renvoie à un continent peuplé en 2015, 2025 ou 2050, d’un milliard de consommateurs nets pour l’industrie européenne, américaine et asiatique. En entrant en vigueur le 1er janvier 2008, l’Ape aurait garanti la compétitivité des produits manufacturés européens sur ce vaste marché que la Chine conquiert à pas de géant, depuis qu’elle est entrée à l’Omc en septembre 2001. Telle était donc l’urgence à mon avis.

Une hypothèque suicidaire
Une zone de libre-échange intra-africaine, cela a un sens positif pour l’Afrique, dans la mesure où elle serait conçue pour favoriser le développement de la production, des échanges sud-sud, et de la consommation de la production locale, générant au passage des emplois et auto-emplois.

Une zone eurafricaine de libre-échange, dans le pur esprit de la loi du marché, constituerait une hypothèque suicidaire pour les économies africaines. Premièrement parce que les conditions d’échanges sont inégales et sans avantages comparatifs pour l’Afrique. Deuxièmement parce que les Etats africains dont la balance de paiements sera conséquemment déficitaire, devraient garder, à l’égard des importations, le bénéfice des mesures de protection non discriminatoires, en vue de la création, du développement, ou de la restructuration d’une activité industrielle ou agricole, si cela est nécessaire comme stratégie de développement.

Prenons quelques exemples, en commençant par les conditions inégales d’échanges. Si un paquet de sucre français entre au Cameroun sans frais de douane, il coûtera 300 francs au maximum sur le marché contre 800 Fcfa pour le sucre camerounais. Pour une raison simple. Le sucre français bénéficie d’abord des subventions agricoles avant d’arriver à son usine de fabrication, puis des subventions à l’exportation. Toutes choses qui lui donnent un prix de revient plus bas, et le rend plus compétitif au prix de vente que le sucre camerounais au coût de production prohibitif.

Toujours en industrie, le Cameroun n’a pas d’industrie pharmaceutique et le médicament est à la fois un produit stratégique et de grande consommation. Le Cameroun est donc voué à importer éternellement les médicaments et le matériel médical si l’Ape interdit toute mesure de protection ou de restriction, justifiée par les exigences du développement, tel que l’encouragement de la médecine traditionnelle, ou l’exploitation locale de brevets…. Sans compter que par ailleurs le pays ne pourrait pas empêcher ses médecins d’émigrer, quelle que soit la nécessité de leur présence au pays.

Protéger la production locale
Le troisième exemple sera agricole. Le Cameroun est potentiellement un grand producteur de riz. Il est donc fondé à prendre des mesures protectionnistes contre l’importation massive de riz, et pour la promotion d’une production locale. Le résultat de telles mesures est triple : des emplois sont créés. Des devises sont économisées. L’autosuffisance alimentaire est assurée. Le surplus peut donc entrer dans le commerce international. Aucun partenaire extérieur ne peut priver le Cameroun, ou l’Afrique de cette possibilité et prétendue coopérer à son développement.

Je n’invente rien en rappelant que le libre-échange est un sauf-conduit aux politiques d’exportation. N’y trouve véritablement intérêt que ceux qui ont quelque chose à vendre à l’extérieur. C’est pourquoi l’Union européenne – dans le sillage des Etats-Unis – parce qu’elle est en position dominante de producteur industrielle et agricole, a une politique de “ priorité aux exportations ”, souvent appuyée par des subventions ouvertes ou déguisées.

Un Ape confiné au libre-échange d’exportations aurait ici deux inconvénients majeurs pour l’Afrique. Primo, les signataires africains seraient privés de la limitation des importations (restriction du volume et ou de la valeur de marchandises) comme moyen de rééquilibrer leur balance de paiements déficitaire. Secundo, ils ne seront jamais compétitifs à l’extérieur, si leur offre commerciale porte sur des matières non exclusives comme le coton, dont les producteurs des pays consommateurs sont fortement subventionnés par leurs Etats, et peuvent vendre 50% moins cher qu’eux sur le marché. Tel est le problème des producteurs ouest-africains du coton.

Si l’Omc se contente de trouver “ discriminatoires ” les préférences tarifaires non réciproques auxquelles il faut mettre fin de toute façon, ses règles interdisent en revanche, les subventions américaines et européennes à la production et aux exportations agricoles. Pourtant, ces pays fondateurs de l’Omc violent en permanence lesdites règles, par la raison du plus fort, pour protéger les intérêts de leurs nationaux. Ce qui prouvent manifestement qu’ils ne concevaient pas ces règles-là pour eux. Et que l’Omc n’est simplement qu’un piège à pauvres que l’on veut asservir. Libre à nos dirigeants de nous y conduire, ou de l’éviter pour nous.

On nous dit que les négociations de l’Ape ont deux volets : un volet commercial et un volet développement. Pourquoi l’Ue privilégie-t-elle le volet commercial au point d’initier des négociations isolées qui divisent le front africain ? N’est-ce pas diviser pour régner ? L’Ue feint-elle de ne pas comprendre que le libre-échange commercial entre quelqu’un qui fournit tout, et quelqu’un qui n’a rien à offrir, est en soi un facteur de perpétuation de l’inégalité ? Alors, nous y reviendrons.
(à suivre).

Jean Baptiste SIPA

© Copyright Le Messager
 
 
     
 
   
 

Debate sobre los APE: Las mentiras de la Unión Europea

 
   
 
  17 de enero de 2008  
  El pasado día 7 de enero tuvo lugar en Dakar una importante manifestación contra los APE, Acuerdos de Libre Cambio, que la UE quiere imponer a los países africanos. El día 11 de enero 3000 africanos (políticos, intelectuales y militantes anti-APE) se manifestaron por este motivo en Bruselas. El articulo que publicamos ha aparecido ya en los periódicos Le Soleil de Dakar o Le Messager de Douala, entre otros. Su autor es el diputado senegalés Mamadou Bamba Ndiaye, secretario general del Movimiento Popular Socialista/Selal.

"La movilización masiva de la sociedad civil senegalesa, respondiendo al llamamiento del presidente Wade, para organizar la resistencia contra los APE, es una noticia alentadora para todos los patriotas. Demuestra nuestra capacidad para asumir colectivamente los intereses de los pueblos africanos. La importancia y la gravedad del problema de los APE pueden percibirse muy bien a través de las astucias de las que usan, y abusan, ciertos responsables europeos para desviar a la opinión africana. De entrada, los APE serían, según ellos, una consecuencia inevitable de los acuerdos de la OMC. El comisario europeo Louis Michel, interviniendo en una de las emisiones de RFI del pasado 10 de diciembre, afirmó que los APE son “obligatoriamente la consecuencia de una decisión de la Organización Mundial de Comercio”.

La UE campeona del mundo de la violación de las reglas de la OMC.

Nadie está en peores condiciones que la UE para presentarse como abogado de las reglas de esta organización. Es de notoriedad pública, por ejemplo, que no respeta los plazos fijados por la OMC para la notificación de las subvenciones concedidas a su agricultura. Al contrario, la UE evidenció a este respecto ¡un retraso de cuatro años que le han permitido adaptar sus políticas de apoyo a la agricultura (más conocidas como « Política agrícola común ») para mantener importantes subvenciones que escapaban a lo indicado por la OMC! Esto le permitió, en concreto, en 2005, gastar 1430 millones de euros en subvenciones para la exportación de leche y productos lácteos que contribuyeron al empobrecimiento de los ganaderos de algunos de los países más pobres del mundo.

Está demostrado también que la UE tiene una gran responsabilidad en el bloqueo actual de las negociaciones comerciales de la OMC conocidas como « ciclo Doha para el desarrollo ». Rechaza la puesta en cuestión de las ventajas comerciales de las que disfruta. Quiere avanzar a paso de carga para conseguir, con los APE, nuevas ventajas resultantes de la anexión pura y simple de las economías africanas. No se trata de reprochárselo. ¡Pero reconozcamos que hay que preguntarse por qué la campeona del mundo de las violaciones de las reglas de la OMC llama a respetar “obligatoriamente” esas mismas reglas!

A esto se añade que, contrariamente a lo dicho por el señor Michel, los acuerdos de la OMC no imponen en ningún caso una reciprocidad comercial “obligatoria”. Al contrario, el artículo 5 de la “ Cláusula de habilitación”, que es parte integral de los acuerdos, dispone que « los países desarrollados no esperan reciprocidad en los compromisos, en el precio de las negociaciones comerciales, en la reducción o eliminación de los derechos aduaneros y otros obstáculos para el comercio con los países en vías de desarrollo, es decir que los países desarrollados no esperan de los países en vías de desarrollo que aporten, en el curso de las negociaciones comerciales, contribuciones incompatibles con sus necesidades de desarrollo, con las finanzas y el comercio de cada uno de ellos”.

Manifestación anti-APE de Bruselas del pasado día 11 de enero.

¡Resulta que las reglas de la OMC dicen exactamente lo contrario de lo que pretenden los responsables europeos¡ El señor Michel, sorprendido en flagrante delito de fullería y tergiversación, tiene todavía mucho camino por recorrer. Muchos países europeos, conscientes de la capacidad de movilización de los Estados y los pueblos africanos contra los APE, intentan revisar su posición sobre este asunto.

Una auténtica declaración de guerra económica y social.

Ya en marzo de 2005, el gobierno inglés había apelado públicamente a la UE para proponerle una modificación de los textos de la OMC que « redujese las exigencias de reciprocidad y se ajustase más a las prioridades del desarrollo ». En julio de 2006 la Asamblea Nacional francesa adoptaba una resolución precisando que las negociaciones sobre los APE iban « derechas al fracaso ». Esta misma resolución denunciaba con vehemencia a los comisarios europeos: « Si la Comisión persiste, Europa cometerá un error político, táctico, económico y geoestratégico (...) ¿Podemos asumir la responsabilidad de llevar a África, que albergará en unos pocos años al mayor número de personas con ingresos menores a un dólar por día, a una situación de mayor caos, basándonos en el respeto a las reglas de la OMC? ¿Alguien puede creerse que esa situación quedará circunscrita a África ? ». La resolución propone por último, « dar un nuevo mandato de negociación a la Comisión » europea para este tema de los APE.

No tiene sentido extenderse aquí sobre las causas y las consecuencias dramáticas de estos Acuerdos. Es suficientemente conocido que el proyecto nace no por adaptación a las reglas de la OMC, si no por la espiración de los acuerdos de Cotonou. Que Europa quiere imponernos en el marco de los APE lo que se niega a aceptar en sus relaciones con el resto del mundo, especialmente con China. Que los gobiernos africanos van a perder una parte sustancial de sus ingresos aduaneros y fiscales pero también, y sobre todo, el control de instrumentos para promover nuestro desarrollo. Que nuestros productores, nuestros campesinos en particular, se verán sometidos a la competencia directa y ruinosa de productos europeos fuertemente subvencionados. Que en Senegal, los productores locales de arroz, de cebollas, de pollos, de huevos, de productos lácteos, etc., irán a integrar la masa de parados, sin contar con las pérdidas de empleo resultantes del desmantelamiento de nuestro tejido industrial.

La Unión Europea no puede negar todos estos inconvenientes que equivalen a una auténtica declaración de guerra económica y social. Por esa razón, pretende remediarlo. Durante su intervención en RFI, Louis Michel anunció que la UE tiene « previsto doblar los fondos regionales para compensar en su caso la perdida fiscal resultado de la supresión tarifaria » postulada por los APE. Le habríamos creído si la UE no hubiera acabado de demostrar la ligereza con la que gestiona sus compromisos más solemnes. Entre 2001 y 2006 de los 15 mil millones de euros que la UE había prometido destinar a los países ACP, solo desembolsó un 28%. Para el periodo 1995-2000 se habían prometido 14.600 millones de dólares. El desembolso no empezó hasta 1997 y al final del periodo sólo se había gastado un 20%.

Superar las crispaciones partidarias.

No hay dudas : se trata de un desafío fundamental. La determinación de la Comisión de la UE, cuya acción está dirigida por los círculos más conservadores de la derecha europea, es significativa. También por su parte se trata de un desafio de supervivencia ante las tarascadas de los países emergentes en la escena internacional. No aceptamos, sin embargo, colocarnos en una posición defensiva. ¡No es esta Europa, envejecida y declinante, la que nos va a recolonizar o a reducir a la esclavitud! Desde este punto de vista, los APE, que aparecen como una maniobra desesperada que intenta invertir el camino de la historia, abren más bien, para los países africanos, una era rica en nuevas promesas.

Deben permitir que salgamos por fin del círculo vicioso de la politiquería y de la exaltación de nuestras rivalidades y querellas intestinas. Nos inducen a unir nuestras fuerzas sin excepción e interpelan así, en particular, a una franja de nuestras compatriotas, entre ellos los dirigentes del Front Siggil Sénégal, que guardan todavía silencio sobre un tema tan capital. Ha llegado la hora de superar las crispaciones partidarias para caminar todos juntos.

Más allá de unirnos en un mismo combate, que compartimos con todos los demócratas y progresistas de Europa, el desafío de los APE debe permitirnos también ampliar las negociaciones de todos los expedientes que condicionan nuestro desarrollo. El primero de estos expedientes debe ser el relativo a nuestra soberanía monetaria que pasa por el reexamen de unos acuerdos establecidos hace medio siglo con el antiguo colonizador. ¿Para que nos serviría una victoria, necesaria y posible, sobre los APE si va a perdurar una sujeción monetaria tan perversa como anticuada ?"

Editado y distribuido por ASODEGUE
 
 

http://www.asodegue.org/enero1708.htm

 
 
   
 

ACCORDS DE PARTENARIAT ÉCONOMIQUE : Une question de développement ou d'exploitation ?

 
   
 
     
  (Le Pays 28/12/2007)

Les relations commerciales paternalistes entre l'Europe et les Etats d'Afrique risquent de prendre fin comme s'écroulerait une grande et puissante famille si les Accords de partenariat économique (APE) ne sont pas signés avant leur date butoir, c'est-à-dire avant la fin de l'année.

Il n'y a pas longtemps, le commissaire européen au commerce, Peter Mandelson, a ouvertement taxé les organisations non gouvernementales "d'ignorance et d'attitude préjudiciable", car elles "dénaturent complètement", selon lui, l'objectif de ces nouveaux accords commerciaux.

Les APE sont désespérément vitaux pour les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP), a-t-il affirmé, pour qu'ils puissent sortir de la pauvreté. Pourquoi, dès lors, ne pas les aimer ?

Encouragés de manière agressive par l'Union européenne (UE), contraints de respecter ses engagements dans le cadre des règles strictes de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), mais violemment critiqués -- ils sont parfois comparés à un cheval de Troie qui détruirait tout progrès économique de l'Afrique et entraverait toute autodétermination politique --, les APE provoqueront vraisemblablement encore des frictions bien au-delà du 1er janvier 2008.

Personne ne remet en cause la nécessité de revoir le système d'accès préférentiel dont bénéficient à l'UE, pour des raisons historiques, les produits des anciennes colonies d'Europe de la zone ACP. Ce qui est mis en doute, c'est la capacité de ces nouveaux accords commerciaux, conclus sous la forme d'APE, d'entraîner de véritables progrès.

Les "questions de Singapour" remises à plus tard

Les retards qui ont marqué les négociations en vue des futurs APE sont largement attribués à l'inclusion par l'UE, dans les pourparlers, des "questions de Singapour", c'est-à-dire une série de thématiques liées à des réformes institutionnelles que l'Europe veut lier à la libéralisation du marché. Elles ont été introduites, pour la première fois, par les pays riches dans le cadre de négociations commerciales, lors d'un sommet de l'OMC qui s'est tenu à Singapour en 1996.

Les "questions de Singapour" ont trait à une "nouvelle génération" de problématiques, qui sortent des limites des réformes de régulation prévues. Il s'agit notamment de la protection des investissements, des politiques en matière de concurrence, des contrats gouvernementaux ou des facilités commerciales. Les pays en voie de développement ont accepté qu'elles soient retirées de l'ordre du jour de l'OMC, pour seulement les voir réintroduites dans les APE négociés de manière bilatérale.

Entre-temps, l'UE a reconnu que le délai fixé pour la signature d'accords de libre-échange avec ses anciennes colonies ne permettrait que de conclure, d'ici à la fin de l'année, que des arrangements concernant le "commerce des marchandises". Les questions de Singapour resteront donc sur la table des discussions et ne seront abordées que plus tard.

Elles impliquent une série de dispositions, dont les implications risquent de ne pas être complètement appréciées par les pays africains", estime Sanoussi Bilal, coordonnateur des programmes de coopération commerciale pour le Centre européen de gestion des politiques de développement (ECDPM). Il était notamment l'un des observateurs des récentes négociations sur les APE.

Bilal émet notamment de profondes réserves sur la viabilité et l'étendue des APE, qui risquent, selon lui, d'être conclus par défaut. Lorsqu'on lui parle de l'Afrique centrale, par exemple, qui est l'une des régions les plus proches d'un accord, il observe : "Je ne sais pas s'ils comprennent réellement ce qu'ils sont sur le point de signer."

Un chèque en blanc pour profiter des économies africaines

Le centre ECDPM n'est pas la seule organisation non gouvernementale (ONG) à considérer que les APE constituent un "chèque en blanc", qui permettra au commerce européen de profiter des économies africaines, sans pouvoir leur garantir en retour un impact positif sur le développement. Pour Bilal, même la signature d'un accord centré uniquement sur le commerce des biens, à ce stade, ferait de certains pays africains des otages de fortune.

Les ONG s'inquiètent notamment du transfert des droits de propriété intellectuelle et des investissements étrangers directs (IED) dans des secteurs aussi variés que les services bancaires, les transports, les communications ou l'énergie. Les organisations sont également préoccupées par la libéralisation des procédures de contrats gouvernementaux, l'une des bêtes noires de l'Europe, considérées souvent comme un paravent pour la corruption.

Les arguments européens mettent en avant le fait que les économies situées en dehors de la zone Afrique, Caraïbes et Pacifique ont une croissance beaucoup plus rapide que celles du bloc, notamment parce qu'elles sont plus attractives pour les investisseurs étrangers. Mais les ONG rétorquent, estimant que les IED peuvent entraîner aussi bien des bénéfices que des coûts.

En effet, certains éléments des APE sont relativement stricts et peuvent limiter les capacités des pays africains à atteindre des objectifs stratégiques. Les opposants aux accords parlent de "manque de politique d'espace", qui empêcherait de poursuivre des objectifs de développement en dehors du régime des APE.

Libertés prises, avec la fraude aux droits de propriété intellectuelle

D'autres détracteurs fustigent l'occasion manquée et les libertés qui ont été prises, notamment en matière de fraude aux droits de propriété intellectuelle. Ils estiment que des mesures positives auraient pu accroître les bénéfices tirés par les pays ACP de la propriété intellectuelle, alors qu'ils sont aujourd'hui absents des accords ou tout même ébranlés.

A titre d'exemple, ils citent les obligations requises pour les contrats de licence de transfert de technologies ou pour la création de joint-ventures. Celles-ci pourraient notamment permettre de prévenir la "bio-piraterie" ou l'appropriation malintentionnée de savoirs traditionnels par des entreprises européennes.

Mais cela implique un niveau de détail qui est loin des ressources réduites dont bénéficient de nombreux négociateurs africains pour pleinement s'engager dans ce sens, explique Dr Mareike Meyn, chercheuse à l'Institut de développement d'Outre-mer, basé à Londres.

"En matière de politique de la concurrence, par exemple, certains pays n'ont pas encore décidé d'une réglementation ou ne l'ont pas encore mise en vigueur. Donc, les engager à créer une autorité régionale de la concurrence est très difficile. Certains dirigeants politiques africains craignent ne pas pouvoir respecter ces engagements", explique Dr Meyn.


Prendre en compte les différents niveaux de développement


En outre, certains documents discutés doivent prendre en compte les différents niveaux de développement des Etats africains, ajoute-t-elle.

"Dans le cas des pays d'Afrique de l'est et d'Afrique australe, nous avons 15 pays très hétérogènes. Certains sont intégrés économiquement, à un niveau sous-régional, mais pour la plupart, l'intégration économique n'est encore qu'à un stade premier. En outre, certains pays sont en situation de conflit ou sortent à peine de conflit", souligne-t-elle. "Si l'UE veut promouvoir le développement à travers les APE, elle devrait prendre en compte ces différents niveaux de développement et non les diversifier".

"Cela n'a aucun sens d'inclure dans les discussions des questions que l'un des partenaires réfute fondamentalement et de soutenir ensuite que ce sera favorable à son développement", explique-t-elle.

Une opinion que partage Bilal. "Pourquoi ne pouvons-nous pas envisager des modèles différents pour chaque pays? La Commission européenne prétend qu'elle n'impose rien, mais la réalité est que, même lorsque les négociateurs régionaux sont bons, au niveau national, ils ne suivent pas ce qui est en train de se passer, et à la fin de la journée, ces arrangements seront tout de même signés au niveau régional".

Sue Scott

IPS

NB : les intertitres sont du journal © Copyright Le Pays
 
     
 
   
 

COALITION NATIONALE « NON AUX APE »: Le Front « Siggil » Sénégal partant mais fusille Wade

 
   
 
     
 
(Sud Quotidien 28/12/2007)

Le Front « Siggil » Sénégal est sans ambages contre les accords de partenariats économiques (APE). Il est déterminé à prendre part, à sa manière, à la lutte que la coalition nationale, mise sur pied récemment à cet effet, va mener. C’est ce qui est ressort de la rencontre hier, jeudi 27 décembre chez Amath Dansokho entre le président de la coalition nationale « Non aux Ape » et par ailleurs chef du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne et les leaders de l’opposition dite significative. Par contre, le Front « Siggil » Sénégal a vigoureusement dénoncé « l’agitation politique » qui prend de plus en plus d’ampleur dans cette affaire.

Pour mieux organiser la lutte contre les accords de partenariats économiques (Ape) que notre pays refuse de signer avec l’Europe, une coalition nationale « non aux Ape » a été mise sur pied. Elle est pilotée par le président du Conseil national du patronat (Cnp), Baïdy Agne. Il est allé hier, jeudi 27 décembre à la rencontre du Front « Siggil » Sénégal pour l’inviter à prendre activement part à cette bataille. Les leaders de l’opposition ont ainsi prêté une oreille attentive au Président de la Coalition « non aux Ape ». C’est du moins ce que Baïdy Agne a déclaré lors du point de presse en présence du secrétaire général de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti et le travail (Ld/Mpt), Abdoulaye Bathily.

Le patron du Cnp a commencé par faire la genèse de la lutte du secteur privé Sénégalais et de manière générale, africain contre ces Ape. Selon lui, depuis 2003, ils n’ont cessé d’attirer l’attention des syndicats, des travailleurs sur les pertes fiscales et les risques auxquels sont exposés notre économie, avec la signature des Ape. Au niveau de la sous-région et même régional cela a suscité une mobilisation de la société civile et du secteur privé. Pour mieux étayer ses propos, Baïdy Agne est venu avec des documents, preuves à l’appui afin de convaincre le Front « Siggil » Sénégal à s’engager dans cette lutte.

Après avoir livré les motivations de la création de cette Coalition nationale « Non aux Ape », le capitaine de cette lutte a dévoilé quelques grandes lignes du plan d’actions qu’ils comptent mettre en œuvre de manière coordonnée pour faire reculer les Européens. Le président Baïdy Agne a révélé qu’une série de conférences de presse sera organisée, mais aussi des actions comme : occupation de la rue publique, marches etc.

Le président du Cnp a tenu à préciser que l’objectif de cette coalition n’est pas de casser les relations que le Sénégal a avec l’Europe, mais plutôt de l’organiser à notre avantage.

« Il faut arrêter l’agitation politique »

Le Front « Siggil » Sénégal est convaincu par Baïdy Agne qui est, par ailleurs son partenaire dans la longue et sinueuse route qui mène vers les assises nationales. De son côté, il a tenu à rappeler que lui aussi, il a toujours été contre ces Ape et l’a signifié dans sa proposition de termes de référence pour l’organisation de ces assises nationales. « Il faut organiser la réflexion dans le cadre des assises nationales pour dire qu’on est pas d’accord avec ces Ape et proposer une alternative cohérente aussi bien au plan national que régional », a souligné le secrétaire général de la Ld/Mpt, Abdoulaye Bathily.

« Nous allons réfléchir sous quelle forme nous allons donner notre participation dans cette lutte. Nous n’avons pas attendu le sommet de Lisbonne pour dire qu’on est contre », a-t-il affirmé. Le porte-parole du jour Front « Siggil » Sénégal a indiqué qu’au-delà des Ape, il faut être soucieux de certaines considérations telles que la solidarité et la cohésion Africaine mises à rude épreuve avec les problèmes de l’Asecna, de la Cedeao, de l’Uemoa et de la Bceao, causés principalement par « les gesticulations » de notre pays, du président Abdoulaye Wade singulièrement.

Abdoulaye Bathily a sévèrement mis en cause la gestion des finances publiques, de notre économie à travers la déstructuration des Industries chimiques du Sénégal (Ics), de l’agriculture.

Il a estimé qu’il ne suffit pas de dénoncer ces Ape et de faire des « agitations politiques », il faut aussi des propositions concrètes. Pour lui, « prendre de l’argent pour aller manifester contre l’Europe constitue un manque à gagner pour les populations qui croulent sous le poids de la pauvreté ». Le porte-parole du jour du Front « Siggil » Sénégal a, en outre, avancé que « le Sénégal seul ne compte et ne peut pas faire vaciller ou infléchir l’Europe. Le chauvinisme du Sénégal ne peut pas passer. Il faut agir sur la solidarité africaine sur le plan sous-régional et régional ».

Ibrahima Lissa FAYE

© Copyright Sud Quotidien
 
     
 
   
 

La fin d’une époque

 
   
 
     
  Le 2e sommet UE-Afrique de Lisbonne doit définir de nouvelles relations politiques et économiques avec le continent. Un demi-siècle après la décolonisation, les Européens affichent leur volonté de bâtir un partenariat d'égal à égal avec les Africains, dans l'espoir de contrecarrer l'influence croissante de la Chine sur un continent en pleine expansion.
L'Europe, habituée à une "vision caritative moralisante" de l'Afrique, doit comprendre que le continent "n'est pas" et ne sera jamais plus sa "chasse-gardée", souligne le commissaire européen au Développement Louis Michel.

L'Afrique, avec son milliard d'habitants et ses immenses ressources naturelles, est désormais "courtisée par toutes les puissances de la planète, Etats-Unis et Chine en tête", insiste-t-il.

L'Union européenne, premier partenaire commercial de l'Afrique, craint surtout d'être rattrapée par la Chine. Le troisième partenaire économique des Africains a ces dernières années multiplié son aide, ses investissements et son influence sur le continent, consacrés par le 1er sommet Chine-Afrique de novembre 2006.

Et les Africains préfèrent souvent l'"argent facile" chinois - accordé sous forme de prêts et sans condition - aux 36 milliards annuels de dons européens partiellement conditionnés au respect des droits de l'Homme ou à la bonne gouvernance. L'UE avait donc "désespérément besoin de ce sommet", explique une source européenne.

La polémique autour de la participation du président zimbabwéen Robert Mugabe, qui avait provoqué l'annulation du précédent sommet en 2003, n'empêchera donc pas cette fois les Européens de recevoir les 48 chefs d'Etat et de gouvernement africains dont la venue est déjà confirmée.

La présidence portugaise de l'UE, qui avait organisé le premier sommet UE-Afrique au Caire en 2000, n'a pas cédé aux menaces de boycott du Premier ministre britannique Gordon Brown, qui refuse de voir Mugabe, en principe interdit de séjour dans l'UE en raison des violations des droits de l'Homme de son régime.

"La bonne politique est de l'affronter les yeux dans les yeux", fait valoir le secrétaire d'Etat portugais aux Affaires étrangères, Manuel Lobo Antunes.

En l'absence de M. Brown et de quelques-uns de ses homologues de l'UE, Lisbonne assure que les Européens diront clairement à Mugabe et à quelques autres dirigeants africains ce qu'ils pensent de leur régime.

Quitte à ce que les Africains, "lassés des leçons européennes, mettent sur la table le traitement des migrants africains en Europe", prédit une source européenne.

Un des objectifs de ce nouveau "partenariat stratégique" entre les deux continents est d'ailleurs que l'"Afrique et l'Europe travaillent ensemble pour protéger et promouvoir les droits de tous en Afrique et en Europe".

Des intentions qui rendent déjà sceptiques nombre d'ONG. "Le sommet va faire de nombreuses et nobles promesses, mais il faudra attendre des résultats concrets pour pouvoir juger", estime Reed Brody, de Human Rights Watch.

"Est-ce que le sommet fera vraiment une différence pour les civils sous les bombardements en Somalie, pour les militants de la démocratie au Zimbabwe ou pour la jeunesse sénégalaise sur un radeau vers l'Espagne?", s'interroge-t-il.

Les ONG s'inquiètent également que les accords commerciaux en cours de négociations entre l'UE et l'Afrique n'augmentent encore les difficultés économiques de pays parmi les plus pauvres de la planète.

Cette question très polémique risque de détourner l'attention d'un ordre du jour par ailleurs très chargé.

Européens et Africains veulent ainsi mettre en place huit "plans d'action" à court terme pour améliorer concrètement leur coopération sur les grands sujets euro-africains et internationaux: immigration, paix et sécurité, énergie, changement climatique...

Des plans d'action qui seront évalués lors du prochain sommet, espéré dans trois ans, en Afrique.
Publié le 6 décembre 2007. Afriquecentrale.info
 
     
 
   
 

Intervention du Président Abdoulaye Wade sur l'APE

 
   
 
     
 

Le président Abdoulaye Wade s’est distingué lors du sommet de Lisbonne (8 - 9 décembre) entre l’Union européenne et l’Afrique par le rejet des APE qu’il assimile à une « tentative de recolonisation de l’Afrique ». « La position que le président Wade a défendue de ce point de vue-là rejoint tout à fait mes convictions et je l’approuve », a dit Abdou Diouf, qui était lundi à Dakar l’hôte à déjeuneur d’Abdoulaye Wade au palais présidentiel.

« Le problème qui se pose est très simple. Il faut s’avoir s’il s’agit d’aider l’Afrique à se développer, à se développer groupée, intégrée dans le cadre des Etats-Unis d’Afrique ou s’il s’agit de continuer à favoriser l’Afrique dans sa balkanisation actuelle », a estimé M. Diouf, ancien président du Sénégal, interrogé par la Télévision nationale (publique).

 
 

La signature des Ape, initialement prévue à la fin décembre, devait inaugurer l’ouverture d’une zone de libre-échange entre les pays de et ceux du groupe des pays d’Afrique, des Caraïbes et du (Acp). A défaut d’un commun accord sur les Ape, les chefs d’État et de gouvernement de, leurs homologues et la société civile des pays Acp se sont entendus sur un partenariat qualifié ‘’d’égal à égal’’

 
     
 
   
 

Accord de partenariat économique. Un nouveau chapitre dans les relations UE-Pays ACP

 
   
 
     
 

04/10/2003

Participation des Commissaires Poul Nielson et Pascal Lamy

au lancement des négociations APE avec la CEMAC, Congo-Brazzaville

Malgré 25 ans d'accès préférentiel sous les Conventions successives de Lomé, les résultats commerciaux des pays ACP sur le marché européen sont plus que décevants : la part de ces pays dans les importations de l'UE n'a fait que décroître.  Les pays ACP et l'UE reconnaissent aujourd'hui que l'accès au marché seul ne suffit pas.  Ils se sont mis d'accord sur la nécessité de mettre en place de nouveaux arrangements commerciaux, plus intégrés.

Ces nouveaux arrangements baptisés « Accords de partenariat économique » (APE), devront s'attaquer aux problèmes rencontrés dans différents domaines liés au commerce.  En outre, ils seront menés en collaboration étroite avec la coopération au développement afin de venir plus efficacement à bout des différents obstacles.  Les politiques commerciales et de développement seront donc menées de façon conjointe afin de stimuler les exportations, les investissements et le développement des pays ACP.

L'accès préférentiel a longtemps été la pierre angulaire des relations commerciales entre les pays ACP et l'Union européenne.  Si la part des pays ACP dans les importations de l'UE est en baisse, il faut savoir également que les pays ACP restent très dépendants de l'exportation d'un petit nombre de produits de base.

Quelles sont donc les leçons tirées de cette expérience ?

Élargir l'agenda

Tout d'abord, il est aujourd'hui évident que les tarifs douaniers préférentiels ou l'accès au marché, bien que potentiellement importants, ne sont pas suffisants pour générer le commerce.  Bien sûr, ils offrent des opportunités, mais qui restent au stade d'opportunités parce que leurs bénéficiaires ne sont pas en mesure de les saisir.  Par exemple, les exportations en provenance des pays ACP ont beaucoup de difficultés à valider les normes de qualité, de quantité, de compétitivité (frais de transport) sanitaires ou vétérinaires de l'UE.

La coopération en matière commerciale entre les pays ACP et l'UE doit être élargie afin d'inclure tous les aspects dont dépend le commerce, qu'il s'agisse de mesures tarifaires ou non tarifaires sur les marchés d'exportation, de domaines liés au commerce ou de politiques intérieures, ou encore des capacités de production dans les pays ACP.

Les bénéfices futurs

Les APE viendront renforcer les initiatives d'intégration régionale déjà existantes dans les pays ACP.  Elles aboutiront à la création progressive de zones de libre-échange entre les parties.  Elles permettront de renforcer et d'intensifier l'intégration régionale et par conséquent d'élargir les marchés des pays ACP.  Cela favorisera l'émergence d'économies d'échelle; permettra d'améliorer les niveaux de qualification, de réduire les coûts de production et de transaction, et d'améliorer la compétitivité des pays ACP.  Et surtout, il permettra d'attirer plus d'investissements dans les économies des pays ACP.

Afin d'atteindre ces objectifs, les APE devront s'accorder étroitement avec les politiques de coopération au développement définies dans l'Accord de Cotonou.  Les APE définiront des politiques commerciales qui devront s'accompagner de politiques de développement sur des sujets variés.

Les politiques commerciales et de développement ne seront donc plus considérées séparément, elles formeront un outil intégré puissant destiné à générer le progrès.

Les négociations sur les APE seront menées avec flexibilité.  Il est possible, voire probable que la mise en oeuvre de ces accords entraîne une restructuration des économies impliquées.  Ceci apparaît même comme une nécessité pour améliorer les performances commerciales.  Cependant, ce processus de restructuration s'opérera en tenant compte des contraintes économiques et sociales des pays ACP concernés, ainsi que de leur capacité à s'adapter à ce nouvel environnement commercial.  Les délais et les moyens de ce processus devront, en conformité avec les règles de l'OMC, être traités au cas par cas.

Où en est-on aujourd’hui ?

Les négociations sur les nouveaux arrangements avec les pays ACP ont débuté en 2002 à Bruxelles et en octobre 2003 à Brazzaville pour la région CEMAC.  Le Titre II de l’Accord de Cotonou a déjà défini les principaux points qui devront être négociés.  Toutefois, de nombreux détails doivent encore être examinés et clarifiés.  Une série d'études est en cours dans les pays ACP sur les implications des négociations et les configurations possibles de ce processus.  De nombreuses études et discussions suivront encore.  Les APE "ne tomberont pas du ciel", leur préparation est donc essentielle.  En voulant mener conjointement la politiques commerciale et de développement, les pays ACP et l'UE font figure de pionniers, et les obstacles ne manqueront pas.  Mais, ils en sont aujourd'hui convaincus, il s'agit de la meilleure manière de parvenir à une réelle intégration des marchés, aux investissements, à la croissance et à la réduction de la pauvreté.

Le 16 juillet 2004, le Ministre du Commerce du Gabon, Président en exercice du Comité Ministériel Commercial de l’Afrique centrale, M. Biyoghe Mba, et Mme Hübner, Commissaire européen, ont signé la feuille de route pour les négociations de l’Accord de Partenariat Economique (APE) entre l’Afrique centrale (CEMAC plus Sao Tome et Principe) et l’Union européenne. Le Ministre était entouré du Secrétaire Exécutif de la CEMAC et du Secrétaire Général Adjoint de la CEEAC.

Cette feuille de route, document-cadre susceptible d’évoluer tout au long des négociations, fixe un calendrier indicatif et un programme de travail.

La signature est une étape importante dans le processus de négociations qui dureront jusqu’en 2007, pour l’entrée en vigueur de l’Accord en 2008.

La priorité est donnée tout d’abord au renforcement de l’intégration économique régionale, à l’amélioration de la compétitivité et aux questions de développement. L’APE appuiera plus spécifiquement les objectifs de la région de l’Afrique centrale, notamment la mise en place de l’union douanière et du marché commun de la CEMAC, ainsi que de la zone de libre-échange de la CEEAC, dont la décision a été prise il y a quelques jours.

Les deux parties ont convenu de se retrouver aux mois de septembre/octobre 2004 pour préciser le contenu de ce programme et mettre en place les instruments pouvant permettre d’atteindre les objectifs d’éradication de la pauvreté et d’insertion dans l’économie mondiale, déterminés d’un commun accord.

 
     
 
   
 

Une relation d'égal à égal

 
   
 
     
 

Le 2e sommet UE-Afrique a adopté dimanche à Lisbonne la "stratégie" qui doit permettre à 27 pays européens et à 53 pays africains d'ouvrir une nouvelle ère d'égal à égal dans leurs relations, a-t-on appris de source européenne.

Les chefs d'Etat et de gouvernement européens et africains ont approuvé une "stratégie conjointe" qui doit être "guidée par les principes de l'unité de l'Afrique, l'interdépendance de l'Afrique et de l'Europe, l'appropriation et la responsabilité conjointes, le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques et de l'Etat de droit, ainsi que le droit au développement".

Cette stratégie se décline en huit "partenariats" prioritaires à mettre en oeuvre d'ici le 3e sommet UE-Afrique prévu en 2010 sur le continent africain: "paix et sécurité", "gouvernance démocratique et droits de l'Homme", "commerce et intégration régionale", "objectifs du Millénaire pour le développement", "énergie", "réchauffement climatique", "migration, mobilité et emploi", et "science, société de l'information et espace".

Cette ambition d'établir un partenariat d'égal à égal entre l'Europe et ses anciennes colonies n'a pas éclipsé lors de ce sommet de nombreux sujets de divergences entre les deux continents, notamment les négociations d'accords commerciaux, le passif colonial ou la politique menée par le président zimbabwéen Robert Mugabe.

Les huit "partenariats" prioritaires à mettre en oeuvre d'ici le 3e sommet UE-Afrique prévu en 2010

PAIX ET SECURITE
Européens et Africains veulent d'essayer d'établir des positions communes sur les questions de paix et de sécurité sur leurs deux continents et au-delà.
Ils veulent également mettre en place le "système continental d'alerte rapide" pour la prévention des conflits et rendre opérationnelle la "force africaine en attente" destinée à envoyer rapidement des soldats de la paix sur le terrain.
Pour ces opérations, ils appellent à la création d'un mécanisme financier "durable, flexible et prévisible" dans le cadre de l'ONU.

GOUVERNANCE DEMOCRATIQUE ET DROITS DE L'HOMME
Meilleure coopération pour lutter contre la corruption, meilleure gestion des ressources naturelles, progrès dans la lutte contre la torture, le trafic de drogue ou d'être humains...
Ils s'engagent également à entamer un "dialogue efficace" pour le retour des biens culturels acquis illégalement.

COMMERCE ET INTEGRATION REGIONALE
Les accords de partenariat économique en cours de négociations entre l'UE et l'Afrique doivent servir à renforcer l'intégration régionale.
Une attention particulière doit être apportée à la mise en place en Afrique des normes de qualité requises pour les produits qui veulent entrer dans l'UE.

OBJECTIFS DU MILLENAIRE POUR LE DEVELOPPEMENT
L'UE doit respecter ses engagements d'atteindre 0,56% de son PIB en aide au développement d'ici 2010 et 0,7% d'ici 2015.
Les deux continents se concentreront principalement sur l'amélioration de la sécurité alimentaire, de la santé et de l'éducation.

ENERGIE
Augmenter leurs investissements dans les infrastructures énergétiques, notamment pour améliorer le réseau électrique africain.
"Explorer les voies et les manières de lancer un dialogue sur les utilisations pacifiques de l'énergie nucléaire", en respectant les règles internationales.

RECHAUFFEMENT CLIMATIQUE
Africains et Européens espèrent pouvoir réduire la déforestation et mieux préserver les écosystèmes, mettre en place des capacité de prévisions climatiques plus performantes, et combattre la progression du Sahara.

MIGRATION, MOBILITE ET EMPLOI
L'objectif est de créer plus d'emplois et de meilleurs emplois pour l'Afrique et de mieux gérer les flux migratoires.
Dans cette optique, ils veulent "prendre des actions pour lutter contre l'exploitation" des travailleurs migrants, faciliter l'envoi d'argent des migrants dans leur pays d'origine, prévoir des "incitations" au retour des immigrés ou encore promouvoir un "recrutement éthique" pour "minimiser" la fuite des cerveaux dans les secteurs sensibles comme la santé.

SCIENCE, SOCIETE DE L'INFORMATION ET ESPACE
L'objectif est de réduire la fracture numérique en Afrique notamment en investissant dans les infrastructures.
Ils espèrent aussi pouvoir utiliser des technologies spatiales existantes, comme le système européen de nativation par satellite Galileo, pour mieux gérer les ressources naturelles en Afrique.

Publié le 9 décembre 2007.  Afriquecentrale Info

 
     
 
   
 
   
 

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